BREVES ET DIVERS

 

 

 

 

Righetti à Saint-François

 

Nous apprenons que notre ami Benjamin Righetti, bien connu désormais des lecteurs de la TDLO, vient d’être nommé organiste titulaire de Saint-François à Lausanne. Il quitte ainsi l’Eglise Française de Berne, où il a assumé un bref titulariat.

Nos félicitations. (gb)

 

France : une nouvelle association nationale d’organistes ?

 

(Réd.) Nous nous sommes inquiétés, dans un récent numéro, de la relation entre la FFAO et la nouvelle association « Orgue en France ».

Le conseil d’administration de cette association nous fait parvenir le texte suivant, qui clarifie les choses.

Dont acte. Nous pouvons donc recommander à nos lecteurs de suivre et de soutenir les activités de l’association « Orgue en France », et nous nous en réjouissons.

 

En complément du mail du 29 septembre ci-dessous, nous vous adressons le communiqué commun FFAO/OEF clarifiant nos relations et interfaces.

Pour votre information, Orgue en France compte à ce jour 845 adhérents. Nous avons tenu sa première assemblée générale le 11 novembre. Un conseil d’administration a été élu et un Bureau a été désigné par le CA (liste du bureau ci-dessous).

 

On se met désormais au travail avec un certain nombre de commissions se penchant sur divers aspects et problématiques autour de l’orgue. Un objectif important en 2012, pour la visibilité de l’association et plus essentiellement de la vitalité de l’orgue, sera la réalisation de la journée nationale de l’Orgue pendant le week-end du 19 Mai 2012.

 

M. Jean-François Vaucher, de Lausanne, assistait à l’assemblée générale, comme observateur. Il peut vous en dire plus sur nos objectifs et actions envisagées.

 

 

Le Bureau d’OEF: Philippe Lefebvre (président), Olivier Latry et Vincent Dubois (vice-présidents), Remi Dropsy (secrétaire), Viviane Loriaut (secrétaire adjointe), François Robillard (trésorier), Henri Chesnais (trésorier adjoint), Jean-Baptiste Courtois et Pierre Méa, membres.

 

 

Un congrès lausannois

Le 12 novembre dernier se déroulait à Lausanne une manifestation à laquelle la Tribune de l’Orgue se devait de faire écho. Sous le titre « les états généraux de l’orgue » (métaphore révolutionnaire que chacun pourra s’amuser à filer…), une série d’intervenants avaient pour devoir de refléter la vision que porte la société sur l’instrument qui nous intéresse. Organisée sous l’égide de l’Association des organistes romands (AOR) avec l’aide de la Haute école de musique de Lausanne qui avait gracieusement mis ses locaux à disposition, la journée reposait essentiellement sur les épaules de son instigateur, M. Jean-Christophe Geiser, organiste de la cathédrale de Lausanne.

Réplique régionale bienvenue en terre francophone du forum international de Zurich, cette rencontre a connu un beau succès, en particulier auprès des organistes dont il est rare de voir pareil rassemblement même lors d’assemblée générale. On peut certes déplorer l’absentéisme des étudiants, comme toujours occupés à préparer leurs examens, ainsi que celui de milieux musicaux moins centrés directement sur l’orgue mais à qui les débats pouvaient également s’adresser. Gageons cependant que plusieurs sceptiques, n’attendant pas grand-chose de vaines palabres, rentrèrent chez eux heureux d’avoir éclairé de lumières nouvelles des questions touchant nombre de leurs préoccupations. Certains appellent d’ailleurs déjà de leurs vœux la mise sur pied au sein de l’AOR d’activités analogues mais plus spécialisées, destinées à approfondir tel ou tel aspect particulier.

L’AOR se propose de publier sur son site[1] l’essentiel des diverses contributions et il n’y a donc pas lieu ici de dresser les actes du colloque. Nous nous contenterons d’un survol subjectif.

Après une brillante introduction de Jean-Christophe Geiser, assignant aux orateurs le rôle de médecins appelés au chevet d’un malade (imaginaire ?), la matinée commença par s’intéresser aux rapports que l’orgue entretient avec les médias. M. Alexandre Barrelet, rédacteur en chef de la culture à la Radio Télévision Suisse, organiste à ses heures, après avoir constaté la quasi inexistence de l’orgue soliste dans les programmes de musique classique, explique le concept de répertoire « diviseur ». La diffusion de certaines musiques entraîne automatiquement l’abandon de l’écoute par un certain pourcentage d’auditeurs. L’orgue en fait partie. Des réactions de la salle s’étonnant du sort différent réservé à d’autres répertoires « diviseurs » (jazz, musique contemporaine), on est forcé d’admettre que d’autres considérations entrent en jeu. Plus tard, Mme Ruth Lüthi, intervenant durant l’après-midi au rang  de « décideur culturel » déplorera qu’un service public comme Espace2 invoque des raisons de taux d’audience pour condamner le roi des instruments au silence.

L’orateur suivant, M. Jonas Pulver, critique musical du journal « Le Temps », mesure le fossé séparant la plupart des milieux musicaux de celui de l’orgue et confesse une grande ignorance du sujet. Par l’étude de quelques textes de critique musicale, il montre à quel point l’orgue semble abstrait à des journalistes plus habitués à commenter la tenue et l’attitude des interprètes (le bling-bling de la scène) que le message purement musical. En découlent quelques conseils en vue de captiver la presse et le public par des éléments plus concrets auxquels il est aisé de se raccrocher (valorisation du lieu où se déroule le concert, soin de l’iconographie du dossier de presse, contact direct avec le public, etc.). On incite aussi les organistes à être plus présents sur les nouveaux médias (internet). Avouons cependant que la qualité sonore généralement obtenue sur un ordinateur de ménage interdit toute ambition artistique et que l’espoir d’éveiller la curiosité des internautes par ce moyen reste bien faible, même s’il faut reconnaître que YouTube permet de voir le travail de l’organiste plus aisément que tout autre moyen jusqu’ici.

La seconde partie de la matinée aborda le rôle de l’orgue dans l’Eglise. Du côté protestant, M. Jean-Michel Sordet, membre du Conseil synodal de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud, élève le débat en considérant le culte comme le temps du retour aux Ecritures qui éclaire l’expérience initiale de la rencontre avec l’Absolu, origine de la Foi. Les petites luttes de pouvoir entre pasteur, fidèles et organiste, les contingences matérielles, les querelles entre courants traditionnels ou novateurs, disparaissent devant l’impératif de faire silence afin de « ressusciter l’indicible présence ». Cette attitude mystique laisse naturellement sur sa faim l’organiste désirant fixer les modalités pratiques de son travail…

Du côté catholique, le Chanoine François Roten, directeur du Centre romand de pastorale et de liturgie (CRPL), expose le statut de l’orgue dans la liturgie selon les documents récents. Coup de théâtre : l’orgue n’atteint pas à la dignité des cloches ! Onction du Saint Chrême par l’évêque pour ces dernières, simple aspersion par un prêtre pour le soi-disant « pape des instruments ». L’orgue, contrairement au chant, n’est pas essentiel à la célébration. Il est par contre privilégié parmi tous les instruments de musique pour rehausser la solennité du service divin.

Parmi les questions pratiques abordées, celle de la sortie retient l’attention. Le prêtre envoie les fidèles dans le Monde : « Allez dans la paix du Christ » ; ce serait donc un non-sens de s’asseoir pour écouter le postlude d’orgue. Dès lors, comment éviter ce spectacle affligeant de l’assemblée quittant le sanctuaire dans un désordre bruyant et bavard pendant que l’organiste joue son « coup de balai » en ravalant sa frustration ? La solution ne passe-t-elle pas par une ritualisation de la sortie ? Une digne procession du Peuple chrétien suivrait l’envoi, rehaussée par l’éclat de l’orgue. Ce sera certainement une rude tâche pour les ministres du culte que d’imposer ce nouveau rite !

Le Chanoine Roten ayant par ailleurs relevé que l’orgue n’avait en général pas, dans la liturgie catholique, ce rôle de « commentaire à la Parole » si cher aux réformés, une question apparut naturellement chez les organistes familiarisés à la pratique d’alternance qui s’était généralisée aux XVIIe et XVIIIe siècles (Couperin, Grigny et autres classique français, mais aussi versets de Kyrie des Fiori musicali de Frescobaldi, etc.) et qui remonte au moins au XVe siècle (codex de Faenza). L’orgue, en s’associant ainsi intimement à la prière au point d’en accaparer la moitié, agit comme si on lui déléguait le rôle normalement dévolu au chant. La question de savoir si le droit canon a pu justifier cela à une certaine époque est restée sans réponse.

Après le repas de midi, moment de convivialité où chacun put enrichir les propos du matin de ses convictions, expériences et anecdotes, la difficile mission de combattre la somnolence digestive du public échut à Mme Ruth Lüthi, ancienne conseillère d’Etat du canton de Fribourg, et M. Fabien Ruf, chef du Service de la culture de la ville de Lausanne, chargés de présenter le rapport que peuvent entretenir les décideurs culturels, les pouvoirs publics, avec le monde de l’orgue. Impossible de résumer ici les divers points évoqués, analyse de la situation actuelle, description du fonctionnement des aides étatiques, conseils pour faire aboutir un projet, etc. Mme Lüthi connaît le problème de l’intérieur étant à la tête de l’Académie d’orgue de Fribourg et de l’Association Jehan Alain. Son optimisme ne l’aveugle pas sur certaines difficultés. Selon elle, une raison essentielle de la diminution du nombre d’étudiants d’orgue est à trouver dans le changement du système de formation des enseignants avec la fermeture des écoles normales.

La fin de la journée abordait un thème particulièrement important, la formation. M. Paul Urstein, directeur du site de Lausanne, Haute Ecole de Musique de Lausanne, présentait le cursus des écoles professionnelles tandis que Mme Helena Maffli, directrice du Conservatoire de Lausanne se chargeait de présenter l’enseignement élémentaire. Si M. Urstein, dans ses murs, put se flatter d’avoir une longueur d’avance par rapport à Genève dans certains détails de l’organisation des études, un constat douloureux de chute des effectifs est inévitable. Mme Maffli relève cependant une singularité statistique : on compte dans la seule ville de Bâle, et en dehors de la Schola cantorum, plus d’élèves d’orgue que Berne, Genève, Lausanne et Zurich réunis ; de plus on attribue ce succès au rayonnement d’un organiste en particulier !

Mme Maffli donne par ailleurs plusieurs pistes pour développer l’enseignement de l’orgue en prenant des exemples jusque dans le système finlandais.

On l’imagine, une foule d’idées agitaient les esprits après une journée aussi riche et il semble bien que ces états généraux ne déboucheront pas sur la décapitation du roi…

 

 

Conférence en l’honneur du grand claveciniste Kenneth Gilbert. 

 

Du 15 au 17 juin 2012, L’Université McGill (Montréal, Canada) sera hôte d’une conférence multidisciplinaire d’envergure en l’honneur du grand claveciniste Kenneth Gilbert.  Autour du clavier d’autrefois : The Legacy of Kenneth Gilbert célèbre les réalisations diverses du célèbre musicien.  L’influence qu’il a exercée sur la recherche et  l’interprétation de la musique ancienne, son esprit innovateur unique, son discernement et sa passion pour le clavier d’autrefois lui ont valu une renommée internationale dans l’ensemble des domaines des arts et de la culture.

Pour en savoir plus et/ou  vous inscrire à la conférence, prière de consulter le site internet officiel à l’adresse suivante : www.music.mcgill.ca/kgc/  ou communiquer par téléphone avec la Dr. Rachelle Taylor (1-514-398-4535 poste 089577).



[1] www.organistesromands.ch